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- Aujourd’hui, Paméla, dans le Web-Boutique-Achat , nous vous proposons un article ex-cep-tion-nel ! Vous ne pourrez bientôt plus vous en passer ! Il s’agit d’une Ar-te-fact !!!
- ça alors Jean-Pierre, une Artefact, mais qu’est-ce qu’est-ce que ça peut-y bien être ?
- Notre reportage en image tout de suite, Paméla !!
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Esthétique et fonctionnelle, l’Artefact est exactement ce qu’il vous faut pour meubler votre appartement et votre quotidien. Peu encombrante, elle se nettoie facilement et va se ranger toute seule dans son propre appartement lorsque vous ne souhaitez pas vous en servir. Elle remplit de nombreuses fonctions dont chauffage d’appoint, correction d’orthographe, coussin, femme-orchestre, aide-mémoire, interprète polyglotte, et escort-girl dans tous vos dîners et soirées où elle saura briller parmi vos amis, avec sa réserve inépuisable de sujets de conversation.
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- ça alors, Jean-Pierre, formidable ! Mais va-t-elle fonctionner chez moi ?
- Mais bien sûr Paméla, l’Artefact fonctionne sous tous les systèmes, notamment Mec OS X, Binux et toutes les versions de Gouinedows. Elle ne consomme que des carburants ordinaires: pâtes, bière, sexe.
- Allons, Jean-Pierre, ne me prenez pas pour une quiche ! Il y a forcément un piège !
- Voyons Paméla, tout le monde sait que vous êtes une quiche. Ceci dit c’est vrai, pour être honnête avec nos chers lecteurs du web-boutique-achat, l’Artefact présente quelques minimes contraintes, qui ne seront qu’un tout petit détail par rapport à tout ce qu’elle vous apportera. L’Artefact demande beaucoup d’affection et a parfois tendance à pleurnicher quand on ne s’occupe pas d’elle… mais vous vous occuperez très bien d’elle Paméla j’en suis sûre ! On a également remarqué quelques bugs mémoire au cours desquels elle se met à parler longuement de sujets vaguement incompréhensibles comme l’analyse par la méthode de Pisarenko des partiels de cloche, la musique spectrale chez Grisey et Murail ou encore le mélange amour-politique dans le roman tchèque des années 80.
- Avouons que ça n’est pas grand chose ! Mais dites-moi Jean-Pierre, l’Artefact elle va me ramener des sous à la maison ?
- Vous êtes vraiment trop conne, Paméla ! L’Artefact est une future thésarde. Elle est donc pauvre. Mais elle ne vous coûtera presque rien: un ciné de temps en temps, une fleur à son anniversaire et le tour est joué.
- ça y est, je suis décidée ! je fais quoi pour acheter ?
Au plus bas de ma misère sentimentale, il m’est arrivé quelque fois de traîner sur des sites de rencontres du genre gayvox ou assimilé. Partagée entre le scepticisme, et l’idée, somme toute rassurante, que si j’y suis, il y a probablement aussi tout un tas de gens bien dans mon genre, j’y ai parcouru des kilomètres de pages de profils avec la désagréable sensation de faire mon marché. Sur une page, dans des questions fermées stéréotypées, accompagnées d’un commentaire personnel libre parfois drôle, parfois bateau, parfois anorexique, on picore ce qui nous plaît a priori, on disqualifie unetelle parce qu’elle adore le sport, on note le nom de telle autre sur un coin de papier parce qu’elle aime le ciné d’art et d’essais. On choisit l’âme-soeur sur catalogue. Evidemment, ça ne marche pas. D’abord parce qu’une personne ne se réduit sûrement pas à cette poignée de renseignements. Ensuite parce que dans la vraie vie, les gens avec qui ça marche sont bourrés de défauts que l’on déteste, et que l’on n’aurait jamais choisi ces gens-là sur un catalogue. Et puis parce que ça tue la magie de la rencontre, la vraie, celle qui commence par un regard qui se croise, par une complicité qui naît sur la pointe des pieds. Enfin, parce que même si ça a l’air de coller, même si on arrive à se rencontrer, le caractère artificiel de cette rencontre est toujours présent; difficile de faire abstraction du fait qu’au départ, on s’est choisi-e-s sur catalogue, qu’on a décidé de se rencontrer dans un but bien précis. Il s’ensuit ces situations complètement invraisemblables où on prend un verre comme si de rien n’était; en essayant de ne pas réfléchir à l’intention de départ; en essayant de ne pas se sentir obligé-e de concrétiser; en essayant de se faire croire que, si ça devient quelque chose, ça ne sera pas parce qu’on s’est rencontré-e-s exprès pour ça.
Non, décidément, ça n’est pas ainsi que ça fonctionne.
4 juillet 2005 à 7:40 pm
Quand je pense qu’il n’y a toujours personne pour me demander en mariage 4 jours après ce billet, ça me fout le cafard tiens
5 juillet 2005 à 10:27 pm
J’ajouterais, car cela n’a pas été assez mentionné à mon goût, que l’Artefact est cultivée, tant sur le plan littéraire que musicale, et qu’elle allie avec grâce les aspects contrastés de sa personalité. Certes, il lui arrive parfois d’être maussade mais elle ne décline pas une invitation, même dans ces moments. Et si elle demande beaucoup d’attention, c’est sans doute qu’elle a beaucoup à offrir…
(Bien que l’impulsion qui a donné naissance à ce commentaire ait été purement artificiel, son contenu n’en est pas moins sincère.)
Cela me permet de rebondir en souplesse (s’il vous plait, ne riez pas en confrontant l’image que vous avez de moi au mot “souplesse”) sur l’opportunité de la rencontre. Tout le monde, je pense, rêve du coup de foudre, cette flèche qui nous transperce le coeur en croisant le regard d’un(e) inconnu(e), peut-être au hasard d’une danse qui se prolonge alors que l’orchestre s’est tu. Mais s’il est vrai que cette rencontre est belle, qu’elle ressemble à celle des contes de fées et qu’elle laisse de merveilleux souvenirs, elle ne reste qu’un instant fugace qui n’assure pas la solidité d’un couple. Contrairement à ce que nous laissent croire les histoires de notre enfance, le plus difficile n’est pas de terrasser le dragon et la méchante sorcière qui se dressent entre Cendrillon et son prince mais les deux êtres mesquins qui sommeillent en eux.
Et finalement, peu importe que la rencontre ait été artificielle ou non, cela ne compte plus après quelques temps, l’essentiel c’est de s’aimer dans la continuité, pas dans l’image forcément faussée du départ.
P.S. : Artefact, je pense que ton blog va me fournir le prétexte d’écrire de temps en temps, si cela ne te dérange pas bien évidemment.
1 août 2005 à 9:56 am
“ne se réduit sûrement pas à cette poignée de renseignements”
et
“dans la vraie vie, les gens avec qui ça marche sont bourrés de défauts que l’on déteste, et que l’on n’aurait jamais choisi ces gens-là sur un catalogue”
c’est si vrai… mais bon qu’importe le moyen de se rencontrer… l’important en somme, c’est de trouvé quelqu’un qui nous aimes et nous supportes… et vice et versa; non ?
22 mars 2006 à 3:21 pm
Petite extraterrestre de 20ans, faisant ménage et vaiselle, avec des habitudes de vieille parfois, serait partante pour adopter une artefact.. En esperant que la produit soit toujours disponible.. Et si il faut je surencherie en tendresse et promet d’être attentionné pour attirer les faveurs de l’artefact tant convoité..